Partager l'article ! LE CONGRES DE LA HONTE OU LE TOUR DE PASSE - PASSE: TOUR DE PASSE - PASSE AU CONGRES !!! ...
TOUR DE PASSE - PASSE AU CONGRES !!!
Mardi, c’était laborieux, pathétique même, au Conseil Régional !
Et pour cause, car après des décennies de combats et de débats, la Majorité du Conseil Général et du Conseil Régional décidait de verrouiller la Guadeloupe dans le Droit Commun national, d’en faire un Département - Région à l’identique de tous les départements et de toutes les Régions de l’Hexagone.
Quel reniement !
Quand on pense qu’une certaine gauche, à longueur d’année, proclame, à l’issue de moult Assises, Conventions et autres Congrès, qu’elle serait pour une évolution institutionnelle – en général une Collectivité Unique dotée d’une Assemblée Unique - qui permette d’offrir enfin à la Guadeloupe une gouvernance plus lisible, plus crédible et plus efficace. Et bien non, l’Histoire retiendra que le mardi 28 décembre 2010, les responsables et autres membres de la majorité du Conseil Général et du Conseil Régional ont avalé leur chapeau, se sont reniés, et à l’unanimité ont décidé de geler toute marche en avant de la Guadeloupe.
Quelle aberration !
Pétrifiés, livides de honte, et pour faire bonne figure, ils n’ont pourtant pas hésité à affirmer qu’ils étaient heureux de faire un petit pas en avant. Mais quel pas ? Jugeons-en !
Quelle avancée pour la Gouvernance de la Guadeloupe de passer de 84 élus à 65 ou, dans l’autre sens, de 43 à 65 ? Aucune ! Sinon de permettre plus grand nombre possible de conseillers généraux et régionaux actuels de pouvoir prétendre à un mandat lors de la mise en oeuvre de la réforme nationale en 2014.
Quelle avancée pour la Gouvernance de la Guadeloupe d’élire la moitié des conseillers au scrutin majoritaire à deux tours, et l’autre moitié à la proportionnelle ? Aucune ! Car c’est déjà le cas, sauf que, dorénavant, ils s’appelleront Conseillers Territoriaux et qu’ils seront moins nombreux.
Et de toute manière, ayant opté pour le Droit Commun, et justement à ce titre, le Conseil Constitutionnel ne permettrait pas un dispositif électoral différent de celui des autres Départements et Régions françaises. Nous serons donc dans le Droit Commun pur et simple et, ça, tout le monde le sait, mais on a honte de le dire, en espérant que le peuple n’y comprendra rien.
Quand on se souvient combien cette loi portant Réforme des Collectivités Territoriales françaises, définitivement adoptée par le Parlement, le 19 novembre 2010, a été combattue – en tant que loi scélérate - par mes collègues socialistes à l’Assemblée Nationale et au Sénat, et voir comment mardi on y a inscrit sans réserve la Guadeloupe, c’est à y laisser son entendement pour ne pas dire y perdre son latin.
Quelle honte !
En réalité, on le sentait bien, on le lisait sur certains visages, que l’adhésion n’était pas parfaite, en clair, que le reniement était difficile à assumer.
Mais, semblaient dire certains, les yeux tuméfiés, « que voulez-vous, c’est le prix à payer pour espérer prendre le bon wagon pour les prochaines élections sénatoriales ».
Et oui, les intérêts personnels, individuels, électoraux, de court terme, ont prévalus. CQFD, et cela a été arraché la veille, à la Résidence Départementale, aux plus réticents.
En tout cas, avec ce tour de passe – passe réalisé au Congrès, mardi, le « socle de la gauche guadeloupéenne » a pris rang parmi les gauches les plus réactionnaires du monde.
Et ce, au plus grand dam de l’avenir de la Guadeloupe. Pire, sans que la population ait son mot à dire, au nom de la primauté de la démocratie représentative sur la démocratie participative, comme l’a affirmé le plus sérieusement du monde un dirigeant de la Fédération socialiste, qui prenait ainsi à contre-pied le principe posé par le Président du Conseil Général dans son discours introductif selon lequel « rien ne sera fait sans que le peuple soit consulté ».
Sur une question aussi essentielle pour le pays, il fallait être téméraire pour raisonner de la sorte, ou alors prendre les enfants du bon dieu, en l’occurrence les guadeloupéens, pour des canards sauvages.
L’Avenir dira le reste !
Daniel MARSIN
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