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  • : Le blog de Daniel MARSIN, Sénateur de la Guadeloupe, Ancien Maire des Abymes et Ancien Député
  • : 09/05/2007
  • : Analyse, Propositions, Echanges
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La Vidéo de Daniel Marsin

Lundi 28 mai 2007 1 28 /05 /Mai /2007 15:21
27esclavage_020.JPG  Un devoir de mémoire partagée
 
 
On ne peut étudier le commerce triangulaire avec un maximum de pertinence qu’en réunissant les recherches des trois pôles dans une vision partagée de cette histoire commune.
 
Il n’y a pas trois vérités historiques, une qui serait européenne, une autre antillaise et une troisième, africaine.
 
La Ville des Abymes, avec ses moyens limités, ambitionne de promouvoir cette vision partagée, en aidant à la rencontre des chercheurs. Je dirai que pour étudier la Traite, il faut un traitement tripartite, et dans une partie de notre mémoire, encore douloureuse, je dirai que, comme c’est le cas pour une maladie grave qui nous concerne directement aux Antilles et en Afrique, qu’il faut mettre en œuvre une tri-thérapie.
 
L'Enseignement de Monsieur Augustin Senghor, c’est, dans cette affaire, le caractère fondamental  du respect et de la solidarité.
 
  27esclavage_022.JPG Nous devons savoir, ensemble, faire d’une certaine manière le deuil de l’esclavage. Et la commémoration n’interdit pas de faire le deuil. Au contraire. Car la mémoire que l’on doit préserver, n’a pas vocation à entretenir le ressentiment, au contraire.
 
Connaître, partager cette connaissance, c’est ce qui permet d’aller de l’avant, de surmonter les antagonismes et de bâtir le socle à partir duquel on peut construire ensemble.
 
Le respect de l’autre, c’est ne pas l’accabler pour les fautes qui ont été commises par ses ancêtres, ce d’ailleurs à quoi il ne peut plus rien changer.
 
Et lorsque le respect mutuel est établi, lorsque cette aptitude à vivre ensemble, à faire ensemble existe, alors la solidarité peut être mise en œuvre au profit de ceux qui en ont le plus besoin.
 
 Pour parvenir à ce but, il faut obligatoirement  passer par un autre enseignement de Monsieur Senghor et porter « un regard plus éclairé sur le passé en faisant acte de responsabilité ».
 
Tout est dit. L’enseignement de l’histoire n’est ni neutre , ni passif. Il faut un acte de volonté pour faire des faits historiques une lecture plus éclairée et c’est un acte de responsabilité pour enclencher le processus qui permet de parvenir à la respectabilité.
 
Et j’irai plus loin.
 
Nous devons encore lutter contre la tentation qui consisterait à faire une lecture de l’histoire systématiquement opposée à la présentation classique ou ancienne.
Il est impérieux de rétablir nos héros dans leur dignité.
Mais il serait malencontreux de transformer tous les Héros classiques de l’Histoire de France en anti-héros, et ainsi d’enterrer Victor Schoelcher.
 
Autre défi, nous devons aussi nous confronter à la réalité africaine de l’esclavage. Cela signifie qu’une idéalisation de l’Afrique, de notre part, sur un tel sujet, n’a pas plus de pertinence que la diabolisation de l’Europe.
 
Dans les deux cas, une vision partagée de l’histoire doit prévaloir.
 
Enfin, cette histoire commune, il nous faut aussi examiner comment la partager avec nos cousins de la Caraïbe, francophones ou non.
 
L’Histoire commune est précisément l’un des ciments possibles de cette coopération caraïbe que chacun appelle de ses vœux.

 

Publié dans : Ma part de vérité - Par Daniel MARSIN
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