27 Mai 2007 : Un hommage aux héros de la
liberté synonyme de fierté !
Une manifestation qui doit prendre de
l’ampleur :
Notre manifestation n’a pas simplement une vocation communale. Les Abymes, dans ce domaine comme en
d’autres, sont un laboratoire dans lequel nous testons ce qu’il serait bon de faire à l’échelle de la Guadeloupe. D’ailleurs, c’est l’occasion de constater que les communes
savent montrer la direction à suivre, alors que l’on s’attendrait que le Département, la Région, prennent l’initiative sur les sujets qui touchent la
Guadeloupe.
J’invite donc les deux assemblées à joindre leurs gros moyens à nos
petits moyens, afin de parfaire la mutation de cette manifestation en rendez-vous de mémoire de tous les Guadeloupéens.
Si nous voulons véritablement prouver que cette commémoration, que cette
date du 27 mai, est véritablement la nôtre, celle qui symbolise pour nous seuls l’accession à la liberté, qu’il s’agit de l’acte de naissance d’un sentiment spécifiquement
guadeloupéen, alors il faut une commémoration qui remplisse deux conditions qui paraissent contradictoires, mais qui sont en réalité complémentaires.
Il faut d’une part que la commémoration soit organisée en tous points de notre
territoire, par les collectivités responsables, c’est-à-dire les communes. En effet, il n’est pas suffisant que le 27 mai soit laissé à la responsabilité de
bénévoles et d’associations. Si leur participation est nécessaire, elle n’est pas suffisante. Ne serait-ce que du fait de la faiblesse de leurs moyens.
Mais en même temps, cette commémoration doit aussi être l’occasion de
rassembler toute la Guadeloupe, un jour, en un lieu unique.
Le boulevard des héros un lieu de mémoire
incontestable :
Le lieu unique où la Guadeloupe doit se rassembler, c’est le
Boulevard des Héros.
En effet, il n’y a guère de lieu alternatif qui remplisse les conditions nécessaires de lien,
tant avec les événements qu’il s’agit de commémorer, qu’avec les acteurs qu’il s’agit d’honorer.
En effet, le lien doit être historique. C’est sur la colline qui surplombe le
Boulevard, à Baimbridge, qu’a eu lieu le sacrifice d’Ignace, luttant avec ses compagnons d’armes jusqu’au
dernier souffle de vie.
Avec l’édification de sa statue, grâce à la Ville des Abymes, on peut dire
qu’Ignace est de retour à la maison. Il est chez lui. Il ne saurait donc y avoir de meilleur lieu que le Boulevard des Héros.
Mémoire et pédagogie :
Le lieu doit être aussi un endroit symbolique. Le boulevard des Héros
rassemble la plus grosse concentration d’établissements scolaires de France et de Navarre. On y trouve écoles publiques et écoles
confessionnelles. On y trouve des élèves de maternelles, dont ceux de la Maternelle « La Mulâtresse Solitude ». On y trouve des écoles primaires, dont
celles baptisées l’an dernier par la Ville des Abymes, des patronymes de Louis Delgrès et Joseph Ignace. On y trouve des lycéens et des étudiants de classe préparatoire
aux grandes écoles.
Les milliers d’élèves qui passent deux ou quatre fois par jour sur ce
Boulevard, à pied, en voiture, en bus scolaire, en scooter, en moto, en vélo, en booster, etc. prennent au passage un bain d’Histoire.
Car notre conception pédagogique, c’est que les livres ne doivent pas avoir le
monopole de l’enseignement de l’Histoire. La Ville des Abymes entend bien faire œuvre de pédagogie, précisément là où l’Education nationale a pris quelques décennies de retard.
Aucun lieu ne peut donc être, du point de vue symbolique, mieux placé pour rendre compte du
message de mémoire que nous voulons transmettre en priorité aux jeunes générations.
Le lieu de la commémoration guadeloupéenne doit aussi être un lieu pratique.
Il doit pouvoir recevoir toute la Guadeloupe. Ce doit donc être un lieu géographiquement central. D’une part, afin qu’il soit accessible à tous les citoyens guadeloupéens, d’où
qu’ils viennent, du continent ou des dépendances, et quelque soit le mode de transport utilisé, la voiture, le bateau ou l’avion ; c’est le cas des
Abymes.
Et, d’autre part, ce lieu doit être adapté pour permettre l’accueil de divers
types de manifestations. Le Boulevard accueille la procession commémorative. Et la place Ignace où nous nous trouvons, le Centre Culturel de Sonis qui est contigu, font qu’il n’y a décidément
aujourd’hui aucun lieu qui soit comparable au Boulevard des Héros.
Enfin, notre site est évolutif. Car le Boulevard des Héros, s’il prend bien le
départ ici, au Rond Point Ignace, ne s’arrête pas en Impasse au Rond Point Delgrès.
Nous continuons à enrichir ce projet de représentation des Héros de notre histoire.
Projet de statue en hommage au « Neg marron inconnu »
Il y a beaucoup de héros anonymes dans cette histoire. Pas des Héros qui n’avaient pas de
nom. Mais des Héros dont ceux qui écrivaient l’histoire auparavant n’ont pas cru devoir rechercher les noms quand il en était encore temps.
Dans le prolongement de l’hommage déjà rendu au trio des acteurs principaux que sont
Delgrès, Ignace et Solitude, nous travaillons avec nos partenaires associatifs à un monument en hommage au Nèg Mawon Inconnu. Ce Nég Mawon Inconnu représentera
précisément tous ceux qui ont lutté, qui ont parfois péri au combat, et dont nous ignorons l’identité.
Voilà ce qu’est le Boulevard des Héros. C’est un cheminement
patient pour retrouver tous les morceaux de notre histoire et de notre mémoire qui sont encore aujourd’hui à l’état de puzzle.
Un puzzle dont nous devons d’abord trouver toutes les pièces, pour ensuite les
assembler et enfin offrir le résultat aux jeunes générations.
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