Mais alors, si le pays dispose de tous les éléments nécessaires au développement, pourquoi la résultante de
ces moyens ne produit l’effet attendu ?
La Guadeloupe a besoin d’une orientation, tant « Il n’y a pas de vent favorable pour qui ne sait où il va ».
La Guadeloupe est un pays, tout comme les autres de la Caraïbe, auxquels elle ressemble en tous points ; sauf un :
La Guadeloupe ne se pense pas par elle-même, en tant que pays. Elle pense plutôt département français, parfois région d’Europe. Or, il ne s’agit pas essentiellement
d’une question de statut. Il s’agit avant tout d’une question d’état d’esprit, de prise de conscience. C’est elle qui permettra d’optimiser l’usage des institutions actuelles, en procédant au
toilettage qui évitera les doublons, la concurrence entre le Département et la Région, mais aussi, avec les communes, et entre communes. Ce schéma institutionnel doit faire partie des projets
qu’il convient de définir entre partenaires responsables, politiques, économiques, sociaux, culturels, puis à partager avec la population, dont on aura au préalable recueilli les doléances et
les aspirations. Une fois, les orientations définies, il conviendra de fixer les objectifs que les responsables politiques s’assignent, avec une obligation de résultat, et de faire valider ce
projet par la population.
Forte d’une orientation définie, la Guadeloupe a besoin d’un engagement résolu pour expliquer, populariser l’action collective. Le ciment de cette adhésion, c’est une
nouvelle donne éducative qui remettra en marche l’ascenseur social que les générations qui nous ont précédé ont su faire fonctionner. Il faut rompre, dès le plus jeune âge, avec un
système éducatif qui assure la reproduction des inégalités sociales de génération en génération, quand il ne fonctionne pas en « descenseur social », donnant moins à nos enfants que
ce que nous avons obtenu. Partant de cette situation d’échec, il faut généraliser une offre de deuxième chance pour ceux que le système a laissé au bord du chemin, transformant en lest
pesant, ceux qui aspirent à être des moteurs. Enfin, la Guadeloupe doit apprendre à conjuguer à la fois l’esprit d’initiative et le devoir de solidarité dans l’harmonie, en rejetant la
stérile opposition factice entre économique et social.
La Guadeloupe a cruellement besoin de ses élites. Elle a pris l’habitude de célébrer
le culte de la faillite des élus. Or, il s’agit d’une faillite des élites, toutes spécialités confondues, les politiques, certes, mais aussi, et surtout, les intellectuels, pourtant
de grande valeur intrinsèque. Ils doivent sortir de leurs livres, des leurs schémas vieux de 50 ans, des réflexes corporatistes, pour se pencher sur l’état de la
Guadeloupe.
En effet, je pense profondément que ceux dont la fonction sociale est de penser, doivent élaborer les pistes de solutions que les politiques doivent explorer, en les
soumettant aux critères de faisabilité. Leur mission urgente consiste à passer de la culture de la critique pour la critique, de la revendication en soi et pour soi,
à celle de la proposition, du projet et de la construction. Alors seulement, les politiques pourront jouer pleinement leur rôle et agir en guadeloupéens, responsables du
pays, de son présent, de son futur immédiat, de son avenir.
Et oui ! La Guadeloupe a besoin d’une élite responsable, pas d’une élite qui se défausse, en adoptant le slogan du « tous des pourris » ou du « tous responsables de
crime contre la Guadeloupe » sauf elle, bien sûr, puisqu’elle serait sur le quai à regarder passer le train ; alors qu’en réalité, sa responsabilité sociale est au cœur de la responsabilité
collective. C’est au terme de ce cheminement, qui réclame une révolution de la pensée commode et convenue, que les conditions seront réunies pour qu’entrent en action tous ceux qui
manquent de repères et de visibilité pour s’engager dans l’action collective constructive.
Il s’agit pour nous de rassembler des femmes et des hommes de tous horizons, idéologique, social,
culturel, intellectuel, professionnel, générationnel, pénétrés du « Sens du Pays », sélectionnés sur les critères de la compétence, de la volonté de servir l’intérêt général et du
sens de la Responsabilité. Bien entendu, les acteurs de ce rassemblement doivent partager l’objectif d’efficacité, de volonté de progrès et (d’esprit) de solidarité. Il s’agit en
somme de rassembler le plus grand nombre de ceux qui sont animés d’une même ambition de faire de la Guadeloupe une terre de prospérité, de fierté et de bien-être partagé ; ceux qui, au-delà
des idéologies et courants de pensée, sont volontaires et en capacité de relever tous les défis, ceux qui s’engagent, déterminés à actualiser et à mettre en mouvement le potentiel du
Pays.
En somme, la Guadeloupe a besoin d’Unité, entre les différentes catégories sociales
et entre les générations. J’ai la conviction que les jeunes en particulier doivent avoir un rôle moteur dans ce processus unitaire qui correspond à leur mode de réflexion et d’action.
Tel est le sens de l’action politique que je propose, pour l’unité de tous les Guadeloupéens, au
service de la Guadeloupe. C’est cette démarche que j’ai entreprise depuis tantôt aux Abymes, et qui est en train de se concrétiser dans la perspective de l’Unité Abymienne en gestation.
C’est cette démarche que je poursuivrai, au-delà du cadre communal, dans toute la Guadeloupe. C’est sur ce chemin de l’Unité Abymienne et , au-delà, de l’Unité Guadeloupéenne,
que j'invite l’ensemble des forces vives de s’engager.
« Il n’y a pas de chemin facile vers l’Unité » mais la voie de l’Unité est la voix de
la raison, la voie qui mène au progrès pour tous.
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