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  • : Le blog de Daniel MARSIN, Sénateur de la Guadeloupe, Ancien Maire des Abymes et Ancien Député
  • : 09/05/2007
  • : Analyse, Propositions, Echanges
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La Vidéo de Daniel Marsin

Lundi 9 avril 2007 1 09 /04 /Avr /2007 15:06

Et la Guadeloupe, dans cette élection présidentielle ?

Lors de chaque élection présidentielle, le même scénario revient. On voit la plupart des hommes politiques locaux s’aligner sur le candidat désigné par le parti parisien dont ils sont (purement et simplement) les prolongements ombilicaux en Guadeloupe. Et, sans connaître les intentions des uns et des autres à notre égard, ils nous invitent à nous engager, et à nous diviser, dans l’espérance vaine d’une éventuelle politique nationale, de gauche ou de droite, en forme d’aumône. 

Et avant même d’élaborer leurs programmes, les dits-candidats se sentent obligés de  venir nous caresser dans le sens du poil et de danser la biguine sur nos podiums, au lieu de nous présenter les mesures qu’ils envisagent pour aider  la Guadeloupe à sortir d’une crise si chronique qu’elle semble ne plus avoir de fin possible.

Au fil du temps, j’ai suffisamment constaté l’inefficacité de cette stratégie pour ne plus m’inscrire parmi ceux qui se contentent de "supporter" un candidat, sans se soucier de savoir si ses orientations et ses choix politiques prennent en compte les préoccupations majeures de la Guadeloupe. Car, force est de constater que, après deux septennats de François Mitterrand et deux mandatures de Jacques Chirac, les solutions qui nous ont été proposées ont plutôt été des réponses d’attente.

J’ai fini par comprendre que ce n’est pas une affaire de camp, de droite ou de gauche. Car, en tant que Député, sous un Gouvernement de gauche, j’ai dû me battre pour la recapitalisation du CHU, contre le PACS, contre les tentatives de suppression de la défiscalisation, contre le manque d’ambition de la Loi d’Orientation pour l’Outre-Mer…. Aujourd’hui, Sénateur sous un Pouvoir de droite, je me bats encore pour la prise en compte du risque sismique, de l’urgence d’un plan Marshall pour le logement social, de la nécessaire équité en matière de continuité territoriale, de la situation catastrophique des finances locales, du rôle essentiel du dispositif de défiscalisation, du caractère vital d’un plan d’accompagnement financier et technique pour Saint Martin   ….

A l’expérience, la gauche s’est souvent montrée décevante au pouvoir, quasiment incapables de comprendre les réalités d’Outre-Mer et traitant avec condescendance ses « amis » ultra-marins qui ne penseraient qu’à « toujours en  demander plus ». Plus largement, sur le statut de la Guadeloupe, sur les « bienfaits de la colonisation », inscrits dans un texte que la gauche a effectivement voté avant de s’offusquer, sur la reconnaissance de l’esclavage comme crime contre l’humanité que le ponte socialiste, Max Gallo, avait jugé inutile, sur les tergiversations de Ségolène Royal après les déclarations racistes de George Frêche à propos de la composition de l’équipe de France de football ….,  il y a matière à interrogation et à débat.

A la droite de l’échiquier, ce n’est pas davantage rassurant car la tentation « libéraliste » n’est pas sans danger. L’assaut porté par les députés de droite contre la loi Girardin, que nous avons tous- parlementaires de droite et de gauche- défendue lors du vote du budget 2006, témoigne d’une réelle incompréhension de nos réalités. Et, plus globalement, on peut se demander si les contraintes budgétaires ne conduiront pas à remettre en cause le principe de  la discrimination positive dont nous sommes en droit de réclamer l’application, eu égard à nos handicaps structurels.  

En définitive, si droite et gauche s’affrontent à l’échelon national, ils s’accordent généralement pour ne voir Outre-Mer que des danseurs et des « danseuses de la République ». Dans ces conditions, et précisément parce que je suis résolument progressiste, je ne peux me satisfaire des politiques de faux-semblants, de poudre aux yeux, des discours creux où l’on nous dit ce qu’on croit que nous voulons entendre, des attitudes « doudouistes » faites pour amadouer gratuitement les grands enfants que nous serions. Etre de gauche, ce n’est pas s’accrocher mécaniquement comme un quelconque wagon au train-train national et avaler, sans mâcher, tout ce qui vient de Paris, sous prétexte que ce serait bon parce que expédié par la Rue de Solférino . 

Les partis métropolitains gèrent leur fonds de commerce et leur rapport de force en Hexagone. Moi, je veux préserver mon indépendance d’esprit ; je veux Penser et Agir en Responsable Guadeloupéen, mettre en avant « le sens du pays », veiller en toute circonstance, quelque soit les candidats aujourd’hui et les gouvernants demain, à la préservation des intérêts du « pays » de Guadeloupe.

Ni captif, parce que résolument de gauche, ni opposant systématique à tout ce que proposerait la droite, je ferai connaître à tous les candidats les exigences de la Guadeloupe et ils devront se positionner clairement à leur propos. 

Respect mutuel, Ecoute attentive, Dialogue réel et Engagement responsable, voila ce que j’attends des candidats, tous les candidats ; et  c’est le credo que je veux dorénavant partager avec les forces les plus conscientes et les éléments les plus déterminés de la classe politique et du peuple guadeloupéens. C’est là le sens de mon combat, l’expression de ma fierté d’homme libre, l’idée que je me fais de mon statut d’élu responsable. « Il n’y a pas de chemin facile vers la Responsabilité ».  Sa ki vayan, lévé lan men !

 

 

 

Publié dans : Ma part de vérité - Par Daniel MARSIN
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